Sommaire
- Les caractéristiques d’Allah dans la croyance islamique
- L’incompossibilité de ces deux caractéristiques
- Bien distinguer les aspects subjectifs et objectifs des expériences vécues
- Bien distinguer perception et objet perçu
- Construisons un « homme d’acier »
- Brisons l’homme d’acier
- Objectivité et subjectivité
- L’intersubjectivité
- Les conditions nécessaires pour savoir totalement ce que vit autrui
- Allah étant omniscient, peut-il savoir, sans intersubjectivité, ce que c’est pour un humain que de ressentir ?
- Réponse aux objections
- Glossaire
« Comment les machines [qui ont créé un programme connecté aux neurones des humains recréant en eux l’impression de vivre dans un monde réel passé] savent quel goût doit avoir le sarrasin ? Non mais peut-être qu’elle se plantent ! peut-être que je crois que le goût du sarrasin aurait ce goût-là alors que ça aurait le même goût que l’avoine ou le thon en boîte. »
Les caractéristiques d’Allah dans la croyance islamique
Incomparabilité absolue
Le tawḥîd (monothéisme islamique, litt. unification) est un concept central dans l’islam. Il consiste à rendre Allah unique dans les domaines de la croyance et de l’adoration : à lui vouer un culte exclusif, et à croire qu’il est le seul à être comme il est, à avoir les attributs qu’il a.
Cela implique le tanzîh (litt. purification), c’est-à-dire de considérer Allah absolument pur et exempt de toute ressemblance avec la création, en adéquation avec le segment coranique :
﴿لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ﴾
« Rien ne Lui ressemble »
Les attributs d’Allah portent certes les mêmes noms que des attributs humains (par exemple, il est le sage, l’orgueilleux, et il a deux mains droites, des yeux etc.), mais les mouslims considèrent qu’en dehors de leur appellation, les attributs divins n’ont rien à voir avec ceux des humains, et que l’on ne peut pas concevoir comment ils sont.
En français, on pourra parler d’« incomparabilité / distinctivité (totale) divine » ou de « transcendance absolue d’Allah » pour faire référence au tanzîh, à la croyance qu’Allah est totalement différent de ses créatures.
Savoir absolu
Mais Allah est également al-‘Alîm, « l’Omniscient », et al-Khabîr, « Le Parfaitement connaisseur ».
Rien ne lui échappe ni dans les cieux ni sur terre ; il connaît ce qui est caché comme ce qui est apparent, les secrets même les plus cachés ; il cerne le passé, le présent et le futur ; il connaît les choses possibles et impossibles ; il a d’ailleurs tout créé, a tout écrit avant de le créer.
Sources : Cheikh ‘Abd ar-Rahmân as-Sa’di, Explication des plus beaux Noms d’Allah ; Coran 2.33, 6.59-60, 6.103, 7.59, 13.9, 20.7, 22.70, 31.34, 35.14, 57.4, 58.7, 59.18.
L’incompossibilité de ces deux caractéristiques
Nous allons montrer qu’il n’est pas possible pour un être quel qu’il soit, dieu ou pas, d’être à la fois omniscient et complètement différent des créatures, car il y a des choses qu’il est impossible de connaître sans posséder des caractéristiques humaines, des points communs avec les humains (des similarités réelles, qui ne s’arrêtent pas aux mots pour les nommer).
Nous nous intéresseront à trois classes de phénomènes :
- les perceptions sensorielles : visuelles, auditives, tactiles, olfactives, gustatives ;
- les sensations corporelles : douleur, faim, fatigue, chaleur… ;
- et les affects : émotions, sentiments, sensations agréables ou désagréables, humeur (humeur au sens d’état moral : déprime, optimisme, anxiété…).
Bien distinguer les aspects subjectifs et objectifs des expériences vécues
Bien distinguer perception et objet perçu
Prenons par exemple la perception visuelle d’un objet : Damien voit une pomme rouge. La perception de la pomme est un processus qui inclut plusieurs étapes :
- la réception des stimuli (rayons lumineux) par les organes sensoriels (ici, les yeux),
- la transduction (traduction) de ces stimuli physiques en signaux électriques par des neurones,
- la transmission de ces informations au cerveau,
- et l’interprétation de ces signaux par des mécanismes cognitifs.
(La cognition est l’ensemble des aptitudes et processus mentaux permettant de connaître des choses. En font partie l’attention, la compréhension, le langage, la mémoire…)
Les stimuli visuels se retrouvent ainsi convertis en une représentation mentale, qui peut être ensuite traitée et stockée en mémoire.
Ce que Damien voit quand il regarde la pomme, c’est donc seulement une représentation de la pomme. Le cerveau d’un autre animal, même d’un autre humain, pourrait décoder différemment la lumière réfléchie par la pomme, et la lui faire voir, par exemple, en une autre couleur ou avec des reflets moins prononcés…
Certaines personnes, synesthètes, peuvent même ressentir des goûts ou entendre des sons en voyant des couleurs, des formes, des images spécifiques. (La synesthésie est une condition neurologique où la stimulation d’un sens entraîne une expérience automatique et involontaire dans un autre sens.)
Pour savoir ce que Damien voit exactement, il ne suffit donc pas de regarder le même objet que lui. Même si l’image produite par notre système perceptif était exactement la même que la sienne, nous ne pourrions pas le savoir, car avoir accès à l’objet perçu ne nous donne pas accès à la représentation personnelle que Damien en a.
Essayons d’accéder à sa représentation, et voyons où cela nous mène.
Construisons un « homme d’acier »
Admettons que nous ayons l’appareillage nécessaire pour observer tout ce qui se passe dans l’esprit de Damien, y compris l’image qu’il voit en regardant la pomme.
On peut imaginer par exemple que l’on sache décoder la représentation cérébrale de la pomme de la même façon que le fait l’esprit de Damien, et que l’on puisse afficher le résultat sur un écran. Ou mieux, que l’on n’ait même pas besoin de la décoder : que la représentation finale, l’image que voit Damien, nous soit accessible telle quelle dans son cerveau.
On peut imaginer que l’image construite par son cerveau est matérielle, comme un petit tableau, composée de pixels solides, et que sa conscience aussi est matérielle, mais on peut tout aussi bien supposer que tout cela est immatériel et que l’on a malgré tout un moyen de les observer.
Nous supprimons ainsi plusieurs couches d’indirection. Ce n’est plus seulement à l’objet perçu par Damien que nous avons accès, ni aux stimuli qui en émanent, ni à la réaction rétinienne de Damien, ni aux traitements des signaux nerveux par son cerveau, ni même à une représentation codée de l’image qui apparaît à sa conscience, mais directement à l’image finale.
Il pourrait sembler que l’on ne puisse pas faire mieux, et pourtant, le problème persiste !
Brisons l’homme d’acier
Certes, nous pouvons désormais suivre le processus de perception visuelle de Damien, du début à la fin, de la même manière que l’on observerait un spectateur (= la conscience de Damien) assis à nos côtés au cinéma, absorbé par un film (= la représentation finale de la pomme que voit Damien). Nous voyons les mêmes images du film que lui. Dans un sens, on connaît tout : tout est devant nous. Mais il manque quelque chose, quoi ?
Un indice : si nous ne nous asseyons pas à la même place que ce spectateur, si nous ne dirigeons pas notre regard exactement comme lui aux mêmes moments du film, ou si nous arrivons à faire tout cela mais que notre rétine, ou notre cerveau (y compris des mécanismes comme les attitudes et l’attention, qui influent sur la perception), nous représentent de façon légèrement différente les images du film, alors nous ne vivons pas la même expérience visuelle que lui, et ne pouvons pas le savoir.
En clair, si on observait une image de la pomme dans le cerveau de Damien (ou une représentation immatérielle formée dans son esprit), cette image aurait beau être celle que Damien voit, et donc être on ne peut plus fidèle à ce qu’il voit, voir cette image avec nos yeux la ferait passer par le filtre de notre propre perception, en plus de celle de Damien. On ne pourrait donc pas avoir accès à la pure et vraie expérience perceptuelle de Damien.
Nous retombons donc sur le problème du départ ! C’est parce que nous connaissons « tout » d’un point de vue extérieur, différent de celui de Damien. Tout – la conscience de Damien et ce qui y apparaît – est devant nous, mais pas en nous. Notre accès à la représentation de Damien n’est pas celui qu’y a Damien. Avant de voir comment franchir cette barrière, analysons la situation.
Objectivité et subjectivité
Jusqu’à présent, ce à quoi nous avons accès de l’expérience perceptive de Damien, c’est à ses dimensions objectives, c’est-à-dire à ceux de ses facteurs qui existent indépendamment du savoir humain, c’est-à-dire qui existent que des humains en aient conscience ou non, même Damien.
C’est le cas par exemple des ondes lumineuses du rouge. Si aucun être vivant ne voyait de rougeur quand il regarde un objet « rouge » comme la pomme, le rouge au sens de plage de longueurs d’onde existerait toujours, quel que soit son nom.
C’est un phénomène qui ne dépend pas de la perception personnelle qu’on en a. Il est public et connaissable (observable, vérifiable, mesurable…) indépendamment de qui l’observe.
De même, si nous étions capable d’observer la représentation de la pomme dans l’esprit de Damien, nous connaitrions l’existence et la composition de cette représentation, phénomènes que l’on pourrait alors dire objectifs.
Objectifs, car malgré le fait que l’existence de cette représentation dépende d’un sujet, de Damien (et corresponde ainsi à un sens du mot « subjectif »), une fois qu’elle est formée à l’intérieur de son esprit, son existence et sa composition seraient des faits constatables par tous. Des faits qui ne dépendent pas de Damien, d’un certain côté donc.
En effet, même Damien pourrait observer de l’extérieur sa représentation interne en différé, et, comme pour tout le monde, cela ne la modifierait pas. En admettant que la représentation visuelle soit dissociable de la conscience ou qu’on l’ait enregistrée et conservée, elle pourrait même exister sans que Damien en ait conscience.
Le fait qu’elle existe, et comment elle est faite, dépendent certes des perceptions personnelles de Damien (puisque c’est une de ses perceptions), mais même si on l’observe en direct, Damien ne peut pas changer l’image qu’il voit de la pomme tout en cachant ce changement aux observateurs, ce n’est pas lui qui choisit comment ses sens lui représentent le monde : la correspondance entre sa perception, la représentation qu’elle fournit et ce dont est faite cette représentation, ne dépendent pas de lui ou d’une perspective particulière.
En conclusion, l’existence, le processus de génération et la composition de sa représentation sont des choses objectives. Tout le monde peut vérifier directement (sans passer par, sans dépendre de la conscience de quelqu’un d’autre) que l’image existe et comment elle est faite.
Mais l’expérience de Damien a aussi des dimensions subjectives, c’est-à-dire des aspects qui dépendent d’un sujet individuel ou d’un type de sujets : qui dépendent de qui les vit, les observe ou les pense ; des phénomènes que l’on ne peut connaître qu’en ayant un certain point de vue, une certaine identité.
Chacun voit la représentation qu’a Damien, mais chacun la voit différemment, ou du moins en a sa propre perception. La façon dont elle nous apparaît, ce que ça nous fait d’avoir cette image à la conscience, est donc un phénomène subjectif : ce que voit Damien en voyant cette image ne peut pas être connu par quelqu’un d’autre, car on ne partage pas son cerveau.
L’argument que nous développons s’applique également aux émotions et sentiments. D’après Wikipédia :
« Une longueur d’onde, les propriétés réfléchissantes d’une surface sont des caractéristiques objectives, mesurables, publiques, que l’on peut supposer exister quand bien même aucune conscience ne serait là pour les percevoir, à l’inverse, un quale [ce que ça fait de ressentir une perception sensorielle, une sensation corporelle ou un affect] ne peut exister que dans et pour une conscience qui en fait l’expérience »
L’intersubjectivité
On peut néanmoins supposer que notre expérience visuelle est proche de celle de Damien, ou que la peur qu’éprouve un spectateur devant une scène lui fait à peu près le même effet qu’à nous la nôtre. Pourquoi ?
Grâce à notre intersubjectivité, c’est-à-dire au fait que nous, humains, partagions des caractéristiques (par ex. les sentiments, la conscience, le langage) qui nous permettent de nous ressembler suffisamment pour échanger et nous comprendre. Parce que nous avons des bases communes comme la biologie, les comportements, les mêmes réactions apparentes, nous pouvons nous mettre à la place des autres et reconnaître des similitudes dans les expériences.
A contrario, il est impossible d’expliquer à quelqu’un qui ne voit pas les couleurs ce que ça fait de percevoir la rougeur du rouge, à quelqu’un qui ne sent pas la douleur l’effet que ça fait d’avoir mal, ou à quelqu’un qui ne peut ressentir la peur ce que ça fait subjectivement d’avoir peur.
On ne peut pas communiquer les propriétés subjectives de nos expériences. Ce que ça fait de ressentir une perception, une sensation ou un affect ne peut être connu que directement par la conscience. D’après Wikipédia :
« L’exemple typique utilisé pour illustrer cet écart [entre phénomènes objectifs et subjectifs] a été donné par Thomas Nagel dans son célèbre article Quel effet cela fait-il d’être une chauve-souris ? (1974) : nous pouvons expliquer scientifiquement le mécanisme d’écholocation utilisé par les chauves-souris, mais cela ne nous donne aucune idée de « l’effet que cela fait » de percevoir un papillon par ce moyen. »
C’est accessible uniquement à celui qui en fait l’expérience.
Les conditions nécessaires pour savoir totalement ce que vit autrui
Comme nous l’avons vu, les similarités qu’il y a entre les humains ne suffisent guère. Elles peuvent nous donner une bonne idée de ce que ressent ou perçoit l’autre, mais pour savoir ce qu’il expérimente en tout point, il faut :
- Tout savoir des éléments objectifs du système perceptif de cette personne : toutes les variables qui entrent en jeu dans ses perceptions, sans exception. Tout savoir également du nôtre.
- Savoir qu’il ne nous manque rien de ces éléments, afin de pouvoir comparer nos deux états lorsque nous percevons une chose.
- Savoir, en comparant nos deux états, que nos systèmes perceptifs sont équivalents : que nos représentations mentales et nos consciences (ou ce qui nous sert à expérimenter ou connaître nos représentations) sont faites objectivement de la même façon.
Car si nos représentations sont les mêmes mais que notre système de vécu (de vision de la représentation par exemple) diffère, alors on ne peut pas savoir s’il nous procure la même expérience à partir des mêmes représentations, et inversement. - Se retrouver dans le même état (avoir, pas forcément au même moment, la même configuration objective de nos systèmes) et le savoir.
Si on est omniscient et que l’on remplit les conditions 1 et 2 mais pas la 3, alors on peut connaître tout ce qui se passe dans l’esprit du sujet étudié, mais sans pouvoir comprendre ce qu’il vit, puisque nous ne pouvons pas nous représenter les choses comme lui (ou du moins, savoir si c’est le cas).
Un tel être ne pourrait avoir qu’une connaissance analogique des expériences subjectives humaines : c'est comme s’il regardait un code informatique qu’il sait représenter une émotion et provoquer tel comportement, qu’il peut donc utiliser, mais dont il ne connaît pas l’effet subjectif qu’il procure, il ne sait pas ce que ça fait de le vivre.
Allah peut-il échapper à cette règle ?
Allah étant omniscient, peut-il savoir, sans intersubjectivité, ce que c’est pour un humain que de ressentir ?
Prémisse 1
Pour être omniscient, Allah doit avoir accès à toutes les connaissances auxquelles ont accès les humains, y compris aux aspect subjectifs de leurs expériences.
Ainsi, quand un humain voit une pomme rouge et qu’une image de la pomme se forme dans son esprit, Allah doit connaître cette représentation entièrement : pas seulement comment elle est produite et de quoi elle est faite, mais aussi son apparence du point de vue de l’humain, de quoi elle a l’air pour l’humain.
Pareil pour les sentiments : Allah doit savoir comment c’est pour nous, humains, de ressentir de la peur.
Prémisse 2
Si Allah connait l’image mentale de pomme qu’a l’humain sans pouvoir lui-même (grâce à ses attributs comme son Savoir, sa Vue ou autre, différents de ceux des humains) la voir ou se la représenter tel que l’humain la voit, alors il n’a pas accès à l’expérience visuelle subjective de l’humain (aux qualia, à l’apparence qu’a pour lui la pomme). Il ne connait pas ce que ça fait de la voir comme un humain, il ne connaît donc pas certains aspects que l’humain en connait.
Même si Allah peut la voir d’une façon différente, plus parfaite que celle des humains, si sa Vision ou un autre attribut pertinent n’inclut pas la façon dont la perception humaine nous la représente, et que rien ne lui permet donc de la voir telle que la verrait un humain, il lui manque la connaissance de cela, de ce que ça fait à un humain de la voir.
De même pour les sentiments : si Allah connait le sentiment d’amour d’un humain sans pouvoir lui-même (grâce à son Amour, sa Vie, son Savoir ou autre) interpréter le codage de ce sentiment amoureux pour en obtenir la même interprétation, la même perception subjective que l’humain, c’est-à-dire le sentiment d’amour tel que le ressent l’humain, alors Allah n’a pas accès à cette expérience subjective affective. Il ne connait pas ce que ça fait de la ressentir comme un humain.
En d’autres termes, si Allah a le ressenti humain entier dans Son savoir, s’il le connait sous toutes les coutures et qu’il peut l’appréhender, le manipuler, le connaître et se le représenter de toutes les manières possibles, concevables ou inconcevables, s’il n’a aucun moyen de se le représenter comme un humain, c'est-à-dire le ressentir comme un humain, alors il ne sait pas ce que c’est de le vivre comme un humain.
Prémisse 3
Si Allah peut voir et percevoir (par des sens, des attributs, des processus différents de ceux de ses créatures, ou n’importe quoi d’autre) comme un humain, avoir peur et faim comme un humain, ressentir des émotions comme un humain, alors il a des similarités avec ses créatures et l’islam est faux.
Conclusion
Si Allah est omniscient, alors il peut avoir les mêmes perceptions, sensations et sentiments qu’un être humain.
Si Allah est totalement différent de ses créatures, alors il ignore ce que ça fait à un humain d’avoir des perceptions, sensations et sentiments et n’est pas omniscient.
Réponse aux objections
Allah a créé nos expériences subjectives, donc il n’a pas besoin d’être capable de les vivre pour les connaître
C’est justement cette croyance que notre argument réfute. Notre argument vaut aussi bien dans le cas où Allah détiendrait la connaissance subjective du ressenti humain depuis toujours, de toute éternité, sans avoir donc à l’acquérir, que dans le cas où il l’aurait, directement aussi, ou l’acquerrait, à un point particulier dans le temps (par exemple au moment où il crée le ressenti).
Car nous ne parlons pas de moyen d’acquérir cette connaissance, mais seulement de moyen de l’avoir, d’aptitude à l’avoir. Que cette connaissance ait un début ou non ; qu’elle soit connue directement, sans avoir à l’obtenir à l’extérieur, ou pas. Pour avoir la connaissance absolue, Allah doit dans tous les cas savoir ce que ça fait de ressentir comme un humain, même si c’est lui qui a créé ce ressenti… et cela implique qu’il puisse ressentir comme un humain, comme on l’a démontré.
Allah n’est pas soumis à notre logique
Si quelqu’un dit : « Le savoir d’Allah ne fonctionne pas comme le nôtre et nous est inconcevable. Allah n’est pas limité par la logique humaine, il peut savoir ce que ça fait d’avoir une autre identité, d’être nous et de ressentir nos sensations sans être capable de les vivre lui-même, même si ça nous paraît absurde. »
On peut répondre :
1) Si vous faites voler ainsi en éclat la logique, alors toute chose impossible peut être considérée possible. Jugez-vous avec la même indulgence les illogismes et contradictions des autres religions ? Par exemple, jugez-vous finalement plausible que Dieu le Père soit son propre fils Jésus ?
2) C’est incohérent, car face au dilemme « Dieu peut-il créer une pierre qu’il ne peut pas soulever ? », visant à montrer que Dieu ne peut pas être omnipotent, les croyants répondent en limitant l’omnipotence de Dieu par la logique, en disant que non, Dieu ne peut pas créer une telle pierre, mais que ce n’est pas un défaut, mais au contraire ce que signifie l’omnipotence ; qu’il ne peut pas créer une telle pierre non par manque de pouvoir, mais parce que c’est impossible car c’est absurde, une contradiction dans les termes, et que Dieu soit omnipotent ne signifie pas qu’il peut faire des choses impossibles logiquement.
(Des mouslims ajoutent que dans le Coran, ce que l’on traduit par « Allah est omnipotent », c’est en arabe une formule qui signifie plus littéralement « Allah a pouvoir sur toutes choses », or une chose absurde n’est pas une chose (une chose qui existe).)
Glossaire
Ces termes désignent l’expérience consciente dans son ensemble, tout ce qui est vécu par un individu, y compris les émotions, les pensées, les souvenirs et les perceptions.
Comme on peut faire l’expérience de choses sans en avoir conscience, sans le savoir (voir par ex. l’activité cérébrale provoquée par amorçage subliminal ou la vision aveugle), il peut être bien de préciser « expérience consciente / phénoménale ».
En revanche, dans l’expression « conscience phénoménale », le terme se réfère spécifiquement à l’expérience subjective de la conscience. La phénoménalité se concentre sur le « comment c’est de/ce-que-ça-fait » des expériences vécues, c’est-à-dire la manière dont les choses sont vécues de l’intérieur, plutôt que sur les événements eux-mêmes.
Le passage subjectif du temps et notre sensation de libre-arbitre sont des exemples d’expériences phénoménales qui ne sont pas des qualia.
Le passage du temps est souvent considéré comme une expérience consciente, mais il s’agit d’une notion plus abstraite et moins directement liée à une expérience sensorielle spécifique, isolée. C’est une perception du changement et de la succession d’événements.
Bien que nous puissions ressentir le temps qui passe (par exemple, l’ennui, l’excitation ou la nostalgie), ces sensations sont généralement des réponses à des événements ou des situations spécifiques, plutôt que des qualités intrinsèques du passage du temps lui-même.
Ce terme paraît moins bien défini, c’est pourquoi j’ai évité de l’utiliser. Notamment, les définitions que j’ai trouvées n’y inclut pas toutes les affects.
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